A méditer

Quand j'étais un chiot, je t’amusais avec mes cabrioles et te faisais rire. Tu m’appelais « ton enfant » et ceci, malgré plusieurs chaussures grignotées, sans oublier quelques coussins déchiquetés.

Je suis devenu ton meilleur ami. Chaque fois que je faisais une bêtise, tu agitais ton doigt en me demandant : « Comment t’as pu ? » Je me souviens de ces nuits près de toi. La vie ne pouvait pas être meilleure.

Peu à peu, tu passais plus de temps au travail. J'étais patient. Je te faisais une de ces fêtes quand tu rentrais! J'étais heureux parce que tu étais heureux.

Avec les bébés, j’ai partagé ta joie. Seulement, vous aviez peur que je leur fasse mal. J’étais puni et renvoyé dans ma niche. Comme j’aurais voulu les aimer !

Puis je suis devenu leur ami. Ils mettaient leurs doigts dans mes yeux et fouillaient mes oreilles. J'adorais tout d'eux et les aurais défendus avec ma vie.

A ce moment-là, c'était rare que toi, tu me caresses encore. Je n'étais plus « ton chien »; j'étais devenu « un chien ».

Tu commençais à regretter l’argent dépensé pour moi, les poils que je laissais, ma vivacité et mes aboiements

J'étais heureux quand tu m'as mis dans la voiture jusqu'au moment où nous sommes arrivés au refuge. Il y avait une odeur de chiens et de chats, une odeur de peur et de désespoir.

Tu as rempli les papiers, tu m'as tapoté gentiment la tête en guise d'adieu en évitant bien de me regarder dans les yeux. Je me suis inquiété de la leçon que tu venais de donner sur l'amitié, la loyauté, l'amour, les responsabilités et le respect de la vie.

Ici, on nous donne à manger et à boire. Je n'ai pas faim. On nous soigne quand nous sommes malades. On nous traite contre les parasites. Mais dès que quelqu'un passe, je lève la tête dans l'espoir de te voir. Je me suis retiré dans un coin de ma cage et j’attends. Plusieurs fois par semaine, des bénévoles viennent me chercher pour aller en promenade. Quel plaisir de sentir à nouveau le vent dans mon pelage, de repérer des odeurs, de faire mes besoins ailleurs que dans ma cage… Les bénévoles me parlent, me caressent, me brossent, me donnent parfois quelque gourmandise.

Des visiteurs s’arrêtent souvent devant mon box. Ils sont très gentils aussi. Peut-être qu’un jour l’un d’entre eux voudra bien m’adopter, comme cela arrive souvent à mes voisins. Et j’espère bien que je n’aurai pas à lui dire une nouvelle fois « Comment t’as pu ? ».

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(Inspiré du site: //www.photos-animaux.com)